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Permis Maison

Plans des façades et des toitures : PCMI 5, DP 4 et DP 5

Plans des façades et des toitures : PCMI 5, DP 4 et DP 5

C’est la pièce que l’instructeur regarde en premier pour juger l’aspect de votre projet, et celle que l’architecte des Bâtiments de France épluche ligne à ligne en secteur protégé. Le code en dit peu — une phrase — mais cette phrase contient l’obligation que la moitié des dossiers oublient : faire apparaître l’état initial et l’état futur.

Ce que le code demande

Le projet architectural comprend le plan des façades et des toitures. Et le texte ajoute immédiatement : lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d’un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l’état initial et l’état futur.

Autrement dit, pour une construction neuve un seul jeu de plans suffit. Dès qu’il s’agit d’une extension, d’une surélévation, d’un percement de fenêtre, d’un ravalement qui change la teinte ou d’une réfection de toiture qui change le matériau, il en faut deux : avant et après. Un dossier qui ne montre que l’état futur ne permet pas de juger la modification — c’est un motif classique de pièce complémentaire.

PCMI 5, DP 4, DP 5 : qui demande quoi

Les numéros changent selon le formulaire, ce qui explique une bonne part de la confusion.

  • PCMI 5 — permis de construire pour maison individuelle : le plan des façades et des toitures, obligatoire dès que le projet crée ou modifie un aspect extérieur.
  • DP 4 — déclaration préalable : le même plan des façades et des toitures. Il n’est exigé que s’il y a lieu, c’est-à-dire si le projet touche effectivement à une façade ou à une toiture.
  • DP 5 — déclaration préalable : une représentation de l’aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées. C’est une pièce distincte du DP 4, plus libre dans sa forme : un photomontage, un croquis coté, un rendu. Elle sert à montrer le résultat, pas la géométrie.

La confusion la plus fréquente consiste à fournir un DP 5 en croyant avoir fait le DP 4. Le photomontage ne remplace pas le plan : l’un montre l’effet, l’autre donne les dimensions.

Ce que doit contenir le plan

Aucun texte ne fixe une liste, mais l’instruction attend toujours les mêmes éléments. Un plan de façades qui les contient ne fait pas revenir le dossier.

  • Toutes les façades concernées, y compris celles qui ne changent pas si elles sont visibles. Nommez-les par orientation — façade nord, façade est — plutôt que « façade 1 », c’est plus lisible pour l’instructeur qui a le plan de masse à côté.
  • Une échelle et son indication. Le 1/100 convient pour une maison, le 1/50 pour une petite extension ou une modification de détail.
  • Les cotes de hauteur : hauteur au faîtage, hauteur à l’égout, hauteur des ouvertures. Ce sont elles qui permettent de vérifier le respect du règlement de la zone.
  • Le terrain naturel et le terrain fini, en trait distinct, quand le projet remblaie ou décaisse. Une façade dessinée sur un sol plat imaginaire est fausse dès qu’il y a une pente.
  • Les matériaux et les teintes, en légende : enduit et sa couleur, tuiles et leur teinte, menuiseries et leur finition. En secteur protégé, indiquez les références précises — un code RAL ou une référence de nuancier vaut mieux que « beige ».
  • Les éléments techniques visibles : sortie de toit, climatiseur, panneaux solaires, gouttières, coffres de volets. Les omettre pour « faire propre » est une mauvaise idée : s’ils apparaissent ensuite sur le chantier, la conformité se discute.
  • La toiture : pente, sens de faîtage, débords, ouvertures de toit. C’est souvent la partie bâclée, alors que c’est elle qui décide de l’insertion vue de loin.

Un exemple annoté

Voici deux planches d’un même dossier réel : une façade et le plan de toitures qui l’accompagne. Elles montrent, mieux qu’une liste, le niveau de détail que l’instruction attend sur cette pièce.

Façade est

Plan de façade est : altitudes NGF, TN=TF, tuile Oméga10 pente 45 %, enduit chaux blanc-cassé, parement en pierre et menuiseries cotées

Plan de toitures

Plan de toitures : sens et pourcentage des pentes, faîtage, égouts, nature de la couverture et cartouche PCMI 5

Extraits d’un dossier réel, réduits pour la lecture à l’écran, avec l’identité du maître d’ouvrage et l’adresse exacte neutralisées. Les deux planches appartiennent au même permis et portent le même cartouche : la façade est au 1/75, le plan de toitures au 1/100 — l’échelle se lit sur chaque planche, pas sur le dossier.

Ce que l’instructeur y cherche, dans cet ordre

  1. Les deux états, au même cadrage et à la même échelle. Dès que le projet porte sur une construction existante — extension, surélévation, percement d’une fenêtre, simple changement de teinte — il faut deux planches par façade concernée, l’existante et la projetée. Une seule planche ne permet pas de juger la modification, et c’est un motif classique de demande de pièces complémentaires.
  2. Les altitudes NGF cotées aux points caractéristiques, et la mention TN = TF partout où le terrain n’est pas remanié. C’est ce qui prouve que les hauteurs sont mesurées depuis le terrain naturel et non depuis un remblai.
  3. La hauteur au faîtage et la hauteur à l’égout, lues depuis ces niveaux. Sur l’exemple, le faîtage est à 190,94 NGF soit +7,64, l’égout à 188,80 soit +5,50 : la hauteur se démontre toute seule, sans que l’instructeur ait à la calculer.
  4. La pente de chaque pan, en pourcentage. Un règlement qui impose une fourchette de pente se vérifie ici, et nulle part ailleurs.
  5. La nature et la teinte des matériaux, annotées directement sur la partie concernée : couverture, enduit, parement, menuiseries, volets. Sur l’exemple, chaque surface porte sa mention — tuile Oméga10 Vieux toit A10, enduit chaux, parement en pierre, menuiseries aluminium gris anthracite. Une légende renvoyée en bas de planche se lit mal et se conteste facilement.
  6. Les dimensions des ouvertures, largeur par hauteur, et leur type : 1,60 × 2,15 pour une porte, 1,40 × 1,20 pour une fenêtre. Lorsque le règlement impose des règles de composition ou d’alignement, ajoutez les cotes d’implantation — distance aux angles et aux baies voisines.
  7. Le contexte immédiat : la limite de propriété et la mention d’une construction mitoyenne. C’est ce qui permet de vérifier les règles de prospect et d’implantation sans ouvrir le plan de masse.
  8. Sur le plan de toitures : le faîtage, les égouts, le sens des pentes marqué par des flèches, et l’emplacement exact des châssis de toit, souches de cheminée et panneaux solaires.
  9. Une annotation de matériau doit désigner sans ambiguïté la surface qu’elle qualifie. Posée au milieu d’un pan, elle qualifie la couverture ; collée à un châssis de toit, elle devient illisible et on vous demandera de préciser.
  10. Le cartouche. Titre de la planche, nomenclature officielle — ici PCMI 5 —, échelle et format du papier. Une planche sans cartouche est une planche qu’on ne peut pas rattacher au dossier : si elle se détache du reste, plus personne ne sait de quel projet ni de quelle version elle parle.

L’état initial et l’état futur en pratique

La méthode qui fonctionne est la plus simple : deux colonnes sur la même planche, même échelle, même cadrage, l’existant à gauche et le projet à droite. L’instructeur compare d’un coup d’œil, sans avoir à superposer deux feuilles.

Signalez les modifications, par une teinte ou une hachure, avec une légende. Une fenêtre créée, une fenêtre bouchée et une fenêtre agrandie ne se lisent pas de la même façon, et c’est exactement ce que la mairie doit pouvoir distinguer.

Si le bâtiment existant n’a jamais été relevé, mesurez-le plutôt que de le redessiner de mémoire. Un état initial approximatif fragilise tout le dossier : c’est la référence à laquelle la conformité sera comparée à l’achèvement des travaux.

Le cas des secteurs protégés

En abords de monument historique, en site patrimonial remarquable ou en site classé, cette pièce devient la pièce centrale. L’architecte des Bâtiments de France juge l’insertion sur les façades avant tout : proportions des ouvertures, rapport plein sur vide, nature des menuiseries, teinte de l’enduit, matériau de couverture.

Deux réflexes y changent beaucoup de choses. Indiquez les références exactes des matériaux plutôt que des mots — les services patrimoniaux travaillent avec des nuanciers. Et montrez, sur la même planche, une façade voisine existante à la même échelle : c’est la démonstration d’insertion la plus efficace qui soit, et elle coûte une capture de plus.

Le détail des protections qui peuvent s’appliquer à votre parcelle, et la façon dont l’avis se construit, sont traités dans notre guide Monuments, sites, paysage et nature.

Les erreurs qui font revenir le dossier

  • Un seul état alors que le projet modifie l’existant. L’erreur numéro un.
  • Aucune cote de hauteur : sans elles, l’instructeur ne peut pas vérifier le règlement, donc il demande.
  • Un rendu 3D en guise de plan. La perspective est utile en DP 5, elle ne remplace jamais une élévation à l’échelle.
  • Des façades sans légende de matériaux, surtout en secteur protégé.
  • Un terrain dessiné plat sur un terrain en pente, ce qui rend les hauteurs incohérentes avec le plan de coupe.
  • Des échelles différentes entre l’état initial et l’état futur : la comparaison devient impossible.

À retenir

  • PCMI 5 et DP 4 désignent la même pièce : le plan des façades et des toitures.
  • DP 5 est une pièce différente : la représentation de l’aspect extérieur, plus libre, qui ne remplace pas le plan.
  • Dès qu’on modifie un bâtiment existant, il faut l’état initial et l’état futur, à la même échelle.
  • Cotes de hauteur, matériaux et teintes : c’est ce qui évite la demande de pièce complémentaire.

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Nous relevons l’existant, dessinons l’état initial et l’état futur à la bonne échelle, et renseignons les matériaux comme l’instruction l’attend. Réponse sous 24 heures ouvrées.

Faire réaliser mes plans

À lire ensuite

Article du code de l’urbanisme vérifié sur Légifrance le 30 septembre 2026 : article R. 431-10 (plan des façades et des toitures, état initial et état futur) et article R. 431-36 (pièces de la déclaration préalable, dans sa rédaction issue du décret n° 2026-291 du 17 avril 2026).

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